Face à l’inondation d’informations sur internet, les théories du complot séduisent un public de plus en plus large.
Du déni du réchauffement climatique aux récits alternatifs sur les vaccins, ces croyances prospèrent dans un climat d’incertitude et de méfiance.Mais qui sont réellement les personnes qui y adhèrent ?
Grâce à des études en psychologie sociale et cognitive, il est désormais possible de mieux cerner leur profil. Voici une analyse claire et documentée.
Les événements complexes ou chaotiques génèrent du stress et de la confusion. Les théories du complot offrent une explication « logique » à ce qui semble incontrôlable. Cette quête de sens est particulièrement forte en période de crise (pandémie, guerre, catastrophes naturelles).
En attribuant les événements à un groupe ou une intention cachée, le cerveau humain diminue la sensation d’impuissance. Croire à un complot peut ainsi servir de mécanisme d’adaptation psychologique, en offrant une illusion de maîtrise.
Les croyants aux théories du complot manifestent souvent une forte défiance envers les autorités : gouvernements, médias, scientifiques. Cette méfiance peut provenir de scandales passés ou de la perception que les élites ne servent pas les intérêts du peuple.
Un sentiment d’exclusion ou d’injustice sociale peut également nourrir cette défiance. Lorsqu’un individu se sent ignoré ou méprisé, il est plus enclin à croire que des forces extérieures manipulent la réalité à son détriment.
Certaines personnes ont une faible tolérance à l’ambiguïté. Elles recherchent des explications claires, même simplistes, plutôt que d’accepter l’incertitude. Ce besoin de clarté les pousse à détecter des liens et des intentions là où il n’y en a pas nécessairement.
La croyance conspirationniste peut aussi renforcer l’estime personnelle. Se considérer comme détenteur d’une « vérité cachée » procure un sentiment valorisant de supériorité intellectuelle ou morale vis-à-vis du reste de la société.
Les plateformes en ligne jouent un rôle central dans la diffusion des théories du complot. Les algorithmes favorisent les contenus sensationnalistes, renforçant les croyances des individus par effet de bulle informationnelle.
L’adhésion à ces théories est souvent renforcée par l’appartenance à un groupe partageant les mêmes idées. Ce soutien collectif rend les croyances plus solides, même face à des preuves contraires.
Croire aux théories du complot ne relève pas de la folie ou de la naïveté.
C’est un phénomène multifactoriel, ancré dans des besoins humains fondamentaux : comprendre, se protéger, appartenir.
Plutôt que de ridiculiser ceux qui y adhèrent, il est essentiel de restaurer la confiance dans les institutions, de renforcer l’esprit critique et de mieux accompagner les publics vulnérables à la désinformation.
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